The crème of the crane

The crème of the crane

De New York, on a enfin rejoint l’autre bout du continent et garé notre van les roues en biais dans l’une des rues pentues de San Francisco. Tout ce que le monde occidental compte de contre-culture est né ici, au bord d’une plage. Dans une ville où les gens peuvent travailler, naviguer et surfer en même temps, ça ouvre des horizons et ca déchaîne les passions. En explo aussi, San Francisco fait figure de pionnière. Entre ciel et mer, on a goûté à la crème de la crème de l’exploration.

Urban Escape | The crème of the crane n°2

On est à peine arrivé, lorsque l’on part en soirée repérage. Avec nous, à l’arrière du van, Scott Haefner, Jon Haeber, et Stephen Freskos, trois explorateurs que l’on pourrait classer dans la catégorie hardcore du genre, de ceux à faire la Une des journaux sur la côte ouest. Depuis leur rencontre, il y a sept ans, ils tirent la scène vers le haut. « On voulait être les meilleurs » dit Stephen. Et comme dans tout trio, chacun tient son rôle. Jon, l’universitaire féru d’histoire, Scott le petit génie et Stephen, la tête brûlée. Leur plus beau trophée, un gigantesque cimetière de bateaux militaires qui a demandé des mois d’organisation. Pas étonnant que le FBI se soit déjà intéressé à eux… « Vous aimez les grues ? » nous demandent-ils en roulant. Ce week-end au menu, c’est grue. F*** yeah !

Urban Escape | The crème of the crane n°1

L’action débute dès le lendemain sur un site militaire abandonné dans la baie de SF. Le site est en réhabilitation mais des dizaines de hangars y transpirent encore leurs déchets radioactifs. Le temps a formé des tranchées dans le bitume qu’il nous faut enjamber pour atteindre la Glasshouse. Surnommée ainsi à cause de sa façade entièrement vitrée, elle servait à fabriquer des périscopes pour sous-marins. Le bâtiment est vide mais c’est son espace qui attire le regard. A chaque étage, la teinte bleue des vitres se fond un peu plus sur la mer, on dirait une maison sur la côte d’azur. La radiation en plus. Sur le toit, Scott et Stephen nous livrent un interview complice pendant que derrière eux, le soleil se couche sur la grue. Notre deuxième partie de soirée…

Urban Escape | The crème of the crane n°4

A 400 pieds au-dessus de l’eau, la grue de 600 tonnes servait à poser des canons sur les navires de guerre et n’a pas bougé depuis 1947. Dans le froid californien, l’escalader réchauffe nos membres engourdis malgré les couches de vêtements. En haut, seuls deux phares rouges éclairent nos visages. Si je m’accroche suffisamment fort à l’un d’eux, peut-être que les avions changeront de direction.

Urban Escape | The crème of the crane n°3

La fatigue nous guette, le matin, on s’était levé à l’aube pour suivre Jon de l’autre côté du Golden Gate. Une quinzaine de maisons irréelles taillées à la main sous LSD par les plus célèbres des hippies y sont cachées dans la forêt. « Les orgies les plus mythiques des années 70 ont eu lieu ici et aujourd’hui, tout est en train de pourrir. Aux Etats-Unis, il est bien plus difficile de protéger un lieu qu’en Europe » dit Jon.

David et moi aurions bien voulu finir le film par le Golden Gate mais Stephen a dû nous en décourager. Un des seuls à l’avoir jamais escaladé, c’est John Law, qui a aussi cofondé le Burning Man. C’était les années 80 et depuis le Golden Gate est bien trop exposé. Notre samedi soir, on le passera sur la toute nouvelle grue que Stephen a repéré en centre ville. Une passerelle nous permet d’accéder au 50e et dernier étage de la tour en construction. Sur le toit, on peut regarder à l’intérieur des riches appartements de Downtown. Ici les appartements valent des millions. Mais nous, on a même pas besoin d’un centime pour en profiter. « Je préfère pas regarder en bas, ça me donne trop envie de sauter » nous dit Stephen. Moi, ça me donne envie de rester…

Urban Escape | The crème of the crane n°5

Comme chaque soir, San Francisco s’est recouvert d’un épais voile de brume, provoqué par l’humidité atmosphérique de l’océan. C’est une belle image de fin, notre ruée vers l’ouest s’achève bientôt au bord du Pacifique.

From New York, we finally reached the other side of the continent and parked our van in one of the steep streets of San Francisco. Any alternative culture of the western world was born here, somewhere on a beach. In a city where people can work, sail and surf at the same time, it widens one’s horizons. In exploration also, San Francisco is a pioneer. Between sea and sky, we tasted the crème de la crème of exploration.

We have just arrived and are already going scouting. In the back of our van was Scott Haefner, Jon Haeber and Stephen Freskos, three explorers that i would classify in the hardcore category, the type to make the headlines of west coast newspapers. Since they met, seven years ago, they never stopped boosting the scene « We wanted to be the best » says Stephen. And as in any trio, each has its own role. Jon, the academic historian, Scott the little genius and Stephen, the social engineer. Their best reward, a huge military ship graveyard on an active site that has taken months of organization and even cost an FBI investigation…

« Do you like cranes? » they ask us. F *** yeah!

The action starts the next day on an abandoned military base in SF Bay. The site is being rehabilitated but dozens of hangars are still sweating their radioactive waste on the bay. Time has formed some trenches in the asphalt that we must step over to reach the Glass House. So called because of its glass facade and its purpose, it was used to make periscopes for submarines. The building is empty but the space is amazing. On each floor, the blue shades melt a little more into the sea. It looks like the French Riviera, without the radiation. On the roof, Scott and Stephen give us an interview while behind them, the sun sets on the crane. Our second part of the evening…

400 feet above the water, the 600-ton crane was used to put guns on battleships and has not moved since 1947. In the Californian cold, climbing warms up our numb bodies despite all the layers. At the top, only two red lights illuminate our faces. If I hold one of them strong enough, maybe the plane will change direction.

We start feeling tired, we had got up at dawn to follow Jon on the other side of the Golden Gate. Fifteen unreal houses hewn on LSD by the most famous hippies are hidden in the forest. « The most legendary 70s orgies took place here and now, everything is rotting. It is much more difficult to secure a place in US than in Europe » said John .

David and I would have liked to finish the film by the Golden Gate, but Stephen discouraged us. One of the few to have ever climbed it is John Law, who also co-founded Burning Man. It was the 80s, and since then the Golden Gate is too protected. We spent our Saturday night on the new crane that Stephen has spotted downtown. A gateway allows us to access to the 52nd and top floor of the tower building. On the roof, you can look inside the rich Downtown interiors. Here, the apartments are worth millions. But we don’t even need a penny to enjoy them « I prefer not to look down, because I want to jump » says Stephen.

Me, it makes me want to stay…

Every night, San Francisco is covered with a thick fog, caused by atmospheric moisture from the ocean. This is a beautiful image for an end, our rush westwards will end soon on the Pacific.

5 Commentaires

  1. PdeR · 15/10/2013 Reply

    ça n’a pas dû être évident de grimper au sommet de la grue, mais le jeu en valait la chandelle
    Très belle vue de San Francisco by night

  2. Florence de Groot · 15/10/2013 Reply

    Vous terminer l’aventure en apothéose ! C’est vraiment la dernière ?

  3. Stephen Freskos · 15/10/2013 Reply

    Tre magnifique! I’m glad I could show you two a few sights in our beautiful city of San Francisco. Can’t wait to see the movie.
    Cheers from SF.

  4. Piafou · 17/10/2013 Reply

    So nice !
    Y aura-t-il un moyen d’obtenir quelques-unes de vos photos en GRAND format ?
    Je pense par exemple à celle-ci:
    http://www.urbanescape.fr/wp-content/uploads/2013/10/the-creme-of-the-crane-3.jpg

    Mais il y en a tellement d’autres…
    Merci et vivement le film !

    • Urban Escape · 23/10/2013 Reply

      Merci Piafou ! Oui c’est possible, contacte-nous par e-mail pour plus d’infos.

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